Evictions Unlimited

Written by Secretariat on .

Evictions Unlimited –no summer break for the Roma

The policy of rejection in action

From Finland to France and Italy, from Bulgaria, through Hungary and Serbia to Albania the summer months of 2015 have witnessed an unprecedented upsurge of evictions from Roma settlements, some peaceful, some brutal but always marked by the policy of rejection.

This policy, often euphemistically described as “discrimination,” aims at ‘eliminating’ Roma from the public sphere through various manners, and, most effectively, by depriving them of all forms of housing, thus compromising all possibilities of improvement in their living conditions or their integration.

The recent decision of the mayor of Courneuve to evict all 80 families in the settlement called Place “Samaritaine” is a perfect illustration of this policy. The Fondation Abbé Pierre and Médecins du Monde had proposed a self-funding project to clean up the settlement and install running water, with a view to providing schooling for children and employment.

The mayor refused the project and the settlement has now been demolished. He has chosen to put a stop to a project that provides possibilities of integration. Once all 80 families are homeless, politicians can now safely say that the Roma do not want to be integrated.

This is but one example of what Françoise Dumont, chairperson of the French Ligue de Droits de l’Homme has described as the “policy of stigmatizing and rejecting the Roma.” In France, during the first six months of 2015, no less than 3947 Roma have been forcibly evicted from their homes in 37 separate locations, an average of 150 per week, with alternative accommodation offered only in 13 cases.

Evictions are justified on the pretext that the settlement is illegal, is unhygienic, in a dangerous locality or earmarked for development. In most cases the reasons are a camouflage for a more sinister purpose: getting rid of the Roma at all costs.

The decision taken last July to demolish Roma houses in Garmen in Bulgaria is a case in point. Illegal constructions are common in Bulgaria, but Roma houses are singled out for destruction. The European Court of Human Rights has meanwhile issued urgent interim measures to “stop the demolitions, until alternative housing is secured for the vulnerable claimant” but the non-Roma majority is now insisting that the demolition should go on nonetheless. The conflict will help politicians to reassure their non-Roma electorate prior to local elections in October.

In Belgrade, about 130 Roma have been threatened with eviction from the neighbourhood of Grmec…. to build a railway station. No alternative accommodation was planned but, following an application to the European Court of Human Rights, the authorities have guaranteed that they will not proceed with the eviction until alternative accommodation has been provided to the families.

In Albania, in Selita, about 80 families are being evicted…. to build a highway. There is no official decision for the demolition and many families have received no prior notification. The process of legalization of the houses concerned, started 9 years ago, has been suspended. This will enable the demolition without compensation. The authorities have agreed to provide a rent subsidy for two years as a form of compensation. What happens after 2 years is nobody’s business.

In Italy, the “eviction campaign” is a nationwide clean-up operation:

  • in Quaracchi, 10 Roma families have been evicted on 24 July from an area they had inhabited since 2008 – no alternative accommodation has been offered
  • In Cosenza, 100 Roma are to be evicted from a building and relocated to an official segregated camp
  • In Municipality No 3, in the Lazio, the inhabitants of a settlement at Ponte delle Valli were evicted on 6 August, and all the metal they had collected was confiscated. They were left homeless in the street.

Reasons for the evictions? Cleaning up the areas.
In Italy the options for the Roma are simple - the street or a segregated camp.
In Finland dismantling illegal camps occupied by Roma in and around Helsinki is, at the moment, a daily routine, according to news server yle.fi. The occupants are simply thrown out and no alternative accommodation is offered.
In Hungary, the Miskolc town council is more straightforward in its approach. It has asked all the Roma residents in a particular neighbourhood to leave their residence against compensation and promise not to come back before 5 years. Those that refused are being threatened with eviction. The town council is, in all honesty, telling the Roma that they are not wanted in Miskolc now or for the next five years. International, national and local organizations condemn, complain and threaten – and then silence, and evictions continue unabated.

But for how long are the Roma themselves going to remain silent?
We call on the Roma not to accept these constant humiliations. We call on them to resist, demonstrate, go to Court, denounce violations publicly, name and shame the violators be they public authorities or private individuals.
Do not accept to be treated like chattels.

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Expulsions illimitées – pas de vacances pour les Roms

La politique de rejet en action
De la Finlande à la France et l’Italie, de la Bulgarie, en passant par la Hongrie et la Serbie, à l’Albanie, les mois de l’été 2015 ont été témoins d’une vague sans précédent d’expulsions de camps roms, certains dans le calme, d’autres dans la brutalité, mais toujours marquées par la politique de rejet.

Cette politique, qu’on décrit souvent par l’euphémisme de « discrimination », cherche à éliminer les Roms de la sphère publique à travers différentes manières, et plus efficacement, en les privant de toutes formes de logement décent, compromettant par-là toutes les possibilités d’amélioration leurs conditions de vie et leur intégration.

La décision récente du maire de la Courneuve d’expulser les 80 familles du bidonville du « Samaritain » illustre parfaitement cette politique. La Fondation Abbé Pierre et Médecins du Monde avaient proposé un projet auto-financé pour nettoyer le camp et installer l’eau courante, dans l’optique de permettre une scolarisation complète des enfants et d’améliorer le niveau d’emploi.

Le maire a refusé le projet et le camp a été détruit. Il a choisi de mettre fin à un projet qui visait l’intégration. Et une fois ces 80 familles à la rue, les hommes politiques pourront tranquillement faire remarquer que les Roms ne veulent pas être intégrés.

Ce ne qu’un exemple de ce que Françoise Dumont, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, a décrit comme une « politique de stigmatisation et de rejet des Roms ». En France, durant le premier semestre de 2015, ce ne sont pas moins de 3947 Roms qui ont été expulsés de leurs maisons sur 37 sites différents, une moyenne de 150 par semaine, et avec des solutions d’hébergement temporaire proposées dans seulement 13 cas.

Les expulsions sont justifiées sous le prétexte que les installations sont illégales, ne répondent pas aux normes sanitaires, sont situées dans des localités dangereuses ou destinées au développement. Dans la plupart des cas, ces raisons camouflent un objectif sinistre : se débarrasser des Roms à tout prix.

La décision prise en juillet dernier de démolir les habitations roms à Garmen en Bulgarie est un cas d’espèce. Les constructions illégales sont courantes en Bulgarie, mais seules les installations roms sont assignées à la destruction. La Cour européenne des droits de l’Homme a pourtant décidé de mesures provisoires d’urgence pour « arrêter le processus de démolition, à moins que le gouvernement n'ait déjà fourni d'autres logements aux familles », mais la majorité non-rom a insisté pour que celui-ci continue coûte que coûte. Ce conflit va permettre aux politiciens de rassurer leur électorat non-rom avant les élections locales d’octobre.

A Belgrade, environ 130 Roms sont menacés d’expulsion de la municipalité de Grmec… pour construire une gare. Aucune solution d’hébergement n’a été mise en place mais, conformément à la demande de la Cour européenne des Droits de l’Homme, les autorités ont promis de ne pas expulser tant que des solutions de relogement ne seront pas proposées aux familles.

En Albanie, à Selita, environ 80 familles sont expulsées… pour construire une autoroute. Il n’y a pas de décision officielle pour la démolition et la plupart des familles n’ont pas reçu de notification préalable. Le processus de légalisation des installations en question, lancé il y a 9 ans, a été suspendu. Cela permettra de démolir sans compensation. Les autorités ont accepté de fournir une subvention pour les loyers pendant deux ans en guise de compensation. Ce qu’il advient après ces deux années ne regarde personne.

En Italie, la « campagne d’expulsion » est une opération nationale de nettoyage :

  • A Quaracchi, 10 familles roms ont été expulsées le 24 juillet d’un site qu’ils occupaient depuis 2008. Aucune solution de relogement n’été offerte.
  • A Cosenza, 100 Roms doivent être expulsés d’un bâtiment et relogés dans un camp officiel soumis à la ségrégation.
  • Dans la municipalité n°3, dans le Lazio, les habitants du camp de Ponte delle Valli ont été expulsés le 6 août, et tout le métal qu’ils avaient collecté a été confisqué. Ils ont été littéralement mis la rue.

La raison de leur expulsion ? Nettoyer le site.
En Italie, les options pour les Roms sont simples : la rue ou les camps ségrégués. En Finlande, démanteler les campements illégaux occupés par des Roms d’Helsinki et de ses environs est, en ce moment, une routine journalière, selon le journal en ligne yle.fi. Les habitants sont simplement jetés dehors, sans solution alternative de logement.

En Hongrie, le conseil municipal de Miskloc est plus direct dans son approche. Il a demandé à tous les résidents roms d’un certain quartier de quitter leurs habitations contre une compensation financière et à la condition qu’ils ne reviennent pas pendant cinq ans. Ceux qui refusent se voient menacés d’expulsion. Le conseil municipal clame, en toute honnêteté, que les Roms ne sont pas les bienvenus à Miskloc maintenant et pour les cinq prochaines années. Les organisations locales, nationales et internationales ont condamné, se sont plaints et ont menacé – puis se sont tues. Et les expulsions continuent de plus belle.

Nous appelons les Roms à ne pas accepter ces humiliations constantes. Nous les appelons à résister, à manifester, à initier des recours en justice, à dénoncer publiquement ces violations, à nommer et couvrir de honte les coupables, que ceux-ci soient les autorités publics ou des individus privés.
N’acceptez pas d’être traité comme du bétail.